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Comprendre l'immuno-oncologie

Understanding IO Lymphocytes attaquent une cellule cancéreuse

La thérapie immuno-oncologique (IO) est une nouvelle (et ancienne) façon de traiter le cancer en activant votre système immunitaire, dans l'espoir qu'il attaque votre tumeur.

L'un des premiers traitements pour le cancer était une forme de thérapie immunitaire. Il y a plus d’un siècle, on injectait des toxines bactériennes mélangées dans un liquide (toxines de Coley), directement dans la tumeur. Bien qu’un petit nombre de personnes aient été guéries, ces toxines causaient malheureusement de l’inflammation et d’autres maladies.

Un certain nombre d'autres thérapies immunitaires ont été développées et mises à l'essai au cours du siècle dernier, mais les effets secondaires, les coûts et l’inconsistance des bénéfices de ces traitements ont limité leur utilisation.

Plus récemment, de nouveaux types de thérapies immunitaires (également appelées thérapies immuno-oncologiques ou IO) ont donné de bons résultats dans certaines formes de cancer. Par exemple, les résultats des premiers essais d'immuno-oncologie pour le cancer de la peau (mélanome) et le cancer du poumon avancés ont été encourageants, et quelques-uns de ces médicaments sont déjà approuvés dans certains pays. D'autres types de thérapies immunitaires, y compris des vaccins, sont actuellement à l'essai pour le cancer du rein.

Dans cette section, vous pourrez en apprendre davantage sur les thérapies IO qui sont testées pour le cancer du rein, sur la manière dont elles fonctionnent et sur les effets secondaires qui pourraient en découler. Pour comprendre les nouvelles thérapies IO, il est important de savoir comment notre système immunitaire fonctionne. Si vous voulez en savoir plus sur notre système immunitaire, veuillez commencer par lire ceci.

Quels types de thérapies immunitaires sont disponibles pour le traitement du cancer ?

Fotolia 62128411 SRendu 3D d'anticorps

Notre système immunitaire est capable d’identifier les cellules cancéreuses comme étant anormales et il arrive parfois à agir de façon efficace contre le cancer. Dans de très rares cas de mélanome et de cancer du rein, ce phénomène peut conduire à une rémission spontanée, un guérison miraculeuse du cancer. Le but de l'immunothérapie est de renforcer et de soutenir le système immunitaire de l'organisme dans sa lutte contre le cancer, de façon à ce qu’un plus grand nombre de personnes puissent bénéficier de cette capacité du corps humain.

Il y a plusieurs formes de thérapies immunitaires disponibles (et en cours de test) pour de nombreux types de cancer.

1. Les vaccins dirigés contre les cancers

Des vaccins ont été testés pour de nombreux types de cancer, mais, à ce jour, les plus anciens se sont généralement avérés inefficaces dans le traitement du cancer. Des essais sont en cours avec de nouveaux types de vaccins pour traiter le cancer du rein. Remarque : d'autres vaccins extrêmement importants en thérapie immunitaire sont ceux qui peuvent agir sur les virus qui causent des cancers spécifiques (tels que le virus de l'hépatite B et le virus du papillome humain (VPH). Ces vaccins préviennent des centaines de milliers de cancers dans le monde chaque année.

2. Cytokines (hormones immunitaires)

Le système immunitaire communique par des hormones (par exemple, l'interleukine et l'interféron). De fortes doses de ces hormones, administrées sous forme d'injections, ont été utilisées pour traiter certains types de cancer, notamment le cancer du rein.

3. Cellules immunitaires récoltées et cultivées à l'extérieur du corps

Les cellules immunitaires d'une personne (ses lymphocytes) peuvent être récoltées dans son corps, être cultivées à l'extérieur de ce dernier, pour ensuite y être réimplantées. Les cellules immunitaires comprennent les lymphocytes infiltrant les tumeurs (TIL) et les lymphocytes T, qui sont modifiés avec des récepteurs d'antigènes chimériques (CAR) dans un but thérapeutique.

4. Anticorps inhibiteurs de points de contrôle

Les anticorps dits monoclonaux ont été développés pour perturber la relation « amicale » qui s’est établie entre les cellules immunitaires et leurs cibles (les cellules cancéreuses). Ceci est un domaine en développement rapide dans la thérapie immunitaire du cancer. (Pour de plus amples informations, voir la question « Comment la thérapie immunitaire d’inhibition de points de contrôle fonctionne-t-elle ? » dans la liste ci-dessous.)

Les essais cliniques explorent les manières de personnaliser un traitement en fonction des caractéristiques exactes de votre tumeur. Certains essais cliniques nécessitent une biopsie ou un échantillon de votre tumeur. Les chercheurs espèrent ainsi en arriver à déterminer quels types de cancers pourraient être plus réceptifs aux traitements IO.
 

Comment les thérapies immunitaires fonctionnent-elles pour traiter le cancer ?

Chaque type de thérapie immunitaire utilise différentes stratégies pour activer votre système immunitaire afin qu'il combatte votre tumeur.

1. Vaccins contre le cancer

Les vaccins anticancéreux sont donnés seulement après que vous ayez développé une tumeur. Par conséquent, ces vaccins sont de nature thérapeutique plutôt que préventive. Ils fonctionnent en alertant le système immunitaire de la présence du cancer et en lui donnant des informations sur les cibles à attaquer. Parfois, les cancers peuvent se développer sans être détectés par le système immunitaire. Un vaccin prévient alors le système immunitaire et lui demande de « trouver ces cellules anormales ». Il existe plusieurs vaccins contre le cancer du rein qui sont actuellement testés dans des essais cliniques. Bien qu'ils consistent tous à enseigner au système immunitaire comment reconnaître les cellules du cancer du rein, ils ont chacun une façon légèrement différente de le faire.

2. Thérapie de cytokines (hormones immunitaires)

Les hormones immunitaires sont fabriquées naturellement par le corps. Ce sont des messages que les cellules se donnent les unes aux autres qui peuvent provoquer le développement et l’activation des cellules immunitaires. Des doses massives d’hormones immunitaires peuvent être données en guise de thérapie immunitaire, dans l'espoir que cela activera suffisamment le système immunitaire pour attaquer le cancer. La cytokine interleukine-2 (IL-2) a été utilisée pour traiter le cancer du rein dans certains pays depuis les années 1990. Depuis, plusieurs recherches ont été menées sur la façon dont le système immunitaire fonctionne et sur différentes cytokines qui seraient en mesure de mieux combattre le cancer que l’IL-2. Des essais utilisant les cytokines IL-10 et IL-21 en tant que traitements du cancer du rein sont en cours. Le rôle futur des cytokines dans le monde de l'immuno-oncologie pour le cancer du rein demeure inconnu.

3. Immunothérapie cellulaire

L’immunothérapie cellulaire consiste à récolter les cellules immunitaires du sang ou celles des tumeurs des patients atteints de cancer, à les cultiver en laboratoire, pour ensuite les réinjecter à ces derniers. On espère déclencher une attaque contre le cancer en augmentant le nombre de cellules immunitaires par rapport à celui des cellules tumorales. Des essais cliniques sont en cours pour ce type de thérapie, mais ils ne sont disponibles que dans quelques grands centres de recherche dans le monde.

4. Anticorps inhibiteurs de points de contrôle

Les anticorps inhibiteurs de points de contrôle sont une des formes les plus récentes de la thérapie immunitaire du cancer. Tandis que les vaccins aident le système immunitaire à identifier la cible, que les hormones immunitaires activent les cellules immunitaires et que l’immunothérapie cellulaire augmente le nombre de cellules immunitaires disponibles, les anticorps inhibiteurs de points de contrôle enlèvent la dernière ligne de défense que les cellules cancéreuses utilisent pour se défendre contre le système immunitaire. Pour plus d'informations sur la façon dont les inhibiteurs de points de contrôle fonctionnent, veuillez voir les questions suivantes.

Quelles thérapies immunitaires ont été utilisées dans le cancer du rein ?

À l'heure actuelle, il existe quatre types de thérapies IO utilisées et testées pour le cancer du rein :

1. Les vaccins anticancéreux (vaccins à base de cellules dendritiques et autres)

cancer vaccinesDes vaccins ont été testés pour traiter le cancer du rein. L’un d’entre eux avait montré des signes d’efficacité dans la prévention de la récidive du cancer chez des patients auxquels on avait retiré une tumeur rénale de grande dimension. Cependant, il s'agissait d'un processus complexe et ce vaccin n'est pas devenu un traitement standard.

Les vaccins testés dans des essais sur le cancer du rein comprennent les suivants.

  • AGS-003 : des échantillons de vos cellules immunitaires sont prélevés et ces cellules sont génétiquement modifiées afin d’être à même d’identifier vos cellules tumorales. Vos cellules immunitaires modifiées sont réinjectées dans votre corps. Cette technique s’apparente à la thérapie CAR, sauf que les cellules injectées ne combattent pas elles-mêmes la tumeur, mais enseignent plutôt à votre système immunitaire adaptatif à le faire.
  • IMA901 : ce vaccin contient 10 protéines couramment associées au cancer du rein. Il fonctionne d'une manière similaire à un vaccin normal, donc il ne vous rendra pas malade, et il est conçu pour enseigner à votre système immunitaire comment reconnaître vos cellules tumorales.
  • MGN1601 : ce vaccin est fait à base des cellules rénales cancéreuses d’une autre personne. Lorsque ce vaccin vous est injecté, votre système immunitaire réagit en détruisant ces cellules qui ne vous appartiennent pas et sont reconnues comme une menace. Votre propre système immunitaire combattra alors ces cellules étrangères de cancer du rein, il apprendra également à quoi ressemble une cellule de cancer du rein et sera donc en mesure de s’attaquer à votre tumeur.

2. Thérapie de cytokines (hormones immunitaires pour la stimulation immunitaire non spécifique, par exemple, IL2, INF)

Avant l’arrivée des thérapies ciblées pour le traitement du cancer du rein en 2006, certaines personnes étaient traitées avec des hormones immunitaires telles que l'interleukine-2 (IL-2) et l'interféron-alfa. Certains patients qui ont reçu ce type plus ancien d'immunothérapie ont très bien répondu à ce traitement. Bien que les médecins soient réticents à utiliser le mot « guérison » dans de tels cas, quelques-uns ont même eu une réponse complète durable, ce qui signifie que le cancer a complètement disparu et qu’ils ont bénéficié du traitement à très long terme.

Le revers de la médaille, c’est que ces hormones immunitaires sont extrêmement toxiques. Seules des personnes jeunes et en bonne forme physique peuvent suivre ces traitements dont les effets secondaires sont tels, qu’ils sont souvent administrés dans des unités de soins intensifs.

3. Immunothérapie cellulaire (par exemple, un traitement par perfusion de lymphocytes T, TIL)

Ces types de thérapies sont actuellement en essais cliniques pour certains types de cancer, mais ces essais ne sont disponibles que dans quelques grands centres de recherche dans le monde. Pour vous renseigner sur les essais cliniques, voir ici.

4. Anticorps inhibiteurs de points de contrôle (par exemple, CTLA-4, PD-1, PD-L1)

L'immunothérapie d’inhibition de points de contrôle constitue le plus récent développement dans la thérapie immunitaire en cancer du rein. De nombreux essais cliniques sont en cours partout dans le monde, ils sont spécifiques au cancer du rein, ou ce dernier fait partie des critères de sélection. Pour plus d'informations sur les essais en cours sur le cancer du rein, veuillez cliquer ici : Découvrir les essais cliniques IO. Pour plus d'informations sur la façon dont les inhibiteurs de points de contrôle fonctionnent, voir la question ci-dessous.

Comment la thérapie immunitaire d’inhibition de points de contrôle fonctionne-t-elle ?

t cells web newLes cellules immunitaires sont gérées par un ensemble de points de contrôle qui règlent minutieusement l’équilibre du système immunitaire. Trop peu de régulation et le système immunitaire devient hyperactif et attaque le corps lui-même ; trop de régulation et les fonctions immunitaires sont affaiblies, ce qui peut causer le développement d’infections et de cancers. Pour de plus amples informations sur le système immunitaire, veuillez cliquer ici.

Il arrive que le système immunitaire soit coopté par des cellules cancéreuses qui utilisent alors ses points de contrôle de façon inappropriée en l’empêchant de les identifier. Les inhibiteurs de points de contrôle sont des médicaments (dans ce cas des anticorps) qui à leur tour bloquent ces points de contrôle afin de permettre au système immunitaire de combattre les cellules cancéreuses.

Comprendre le mode de fonctionnement de ces anticorps inhibiteurs de points de contrôle permet d’apprendre beaucoup de choses sur la façon dont ils agissent (ou non) chez les patients atteints de cancer. Par exemple, la thérapie immunitaire d’inhibition de points de contrôle ne semble pas être à même d’aider à moins que le système immunitaire ne soit déjà ciblé, alerté, activé et en train de tenter d'infiltrer le cancer. Les chercheurs en sont encore à essayer de prévoir qui sera aidé ou non, mais il semble qu’en l’absence de cellules immunitaires à l'intérieur de la tumeur, les anticorps inhibiteurs de points de contrôle ne fonctionnent pas.

Comprendre que les anticorps inhibiteurs de points de contrôle ne font que briser la dernière ligne de défense du cancer contre le système immunitaire permet d’expliquer la stratégie que les médecins et les scientifiques mettent de l’avant dans les essais cliniques. Par exemple, on explore aujourd’hui des combinaisons d'anticorps inhibiteurs de points de contrôle (par exemple du nivolumab + de l’ipilimumab ou du durvalumab + du tremelimumab), alors que d'autres essais utilisent des combinaisons d'anticorps inhibiteurs de points de contrôle avec des thérapies telles que les vaccins contre le cancer, les hormones immunitaires ou des traitements standard contre le cancer (par exemple, les thérapies ciblées).

Quels types de traitements IO d’inhibition de points de contrôle sont disponibles dès maintenant ?

Selon l’endroit où vous vivez, des médicaments inhibiteurs de point de contrôle peuvent être approuvés pour une utilisation dans le cancer du rein. Dans d’autres pays, ces médicaments sont principalement disponibles dans le cadre d’essais cliniques et aussi par l’entremise de programmes à usage compassionnel. Pour plus d'informations sur les essais et les programmes, cliquez ici : Comprendre les essais cliniques

Types de traitements IO d’inhibition de points de contrôle

Vous avez peut-être entendu les termes « PD-1 » et « PD-L1 » et aussi « CTLA-4 » comme étant de nouveaux types de médicaments testés actuellement pour le cancer du rein. Ce ne sont pas des noms de médicaments comme tels, mais ils font référence à un type ou une « classe » d'inhibiteurs de points de contrôle qui comprend des médicaments tels que le nivolumab, le pembrolizumab, l'ipilimumab, le tremelimumab, le durvalumab, l’avelumab et l’atézolizumab ainsi que d'autres.

Inhibiteurs de PD-1 et PD-L1

Graphic of PD-L1 proteinGraphique de la protéine PD- L1Ces traitements IO comprennent des médicaments qui portent des noms tels que nivolumab ou pembrolizumab, et d'autres, en cours d’essais cliniques, tels que durvalumab, avelumab et atézolizumab.

Une protéine appelée PD-1 est présente sur la surface des cellules du système immunitaire et son partenaire PD-L1 est présent sur la surface d'autres cellules dans le corps (pour plus d'informations veuillez lire ceci : informations sur le système immunitaire).

La présence de la protéine PD-L1 sur les cellules tumorales leur permet d’empêcher le système immunitaire de les attaquer. Lorsque la PD-L et la PD-L1 se lient, la cellule immunitaire pense que l'autre cellule est en bonne santé et elle « va son chemin ». Ce phénomène peut être comparé à un pacte secret entre les cellules de votre système immunitaire et vos cellules saines, qui savent qu'elles sont toutes deux dans la même équipe. Les cellules tumorales peuvent tromper le système immunitaire et lui faire croire qu’elles sont des cellules saines en plaçant des protéines PD-L1 sur leur surface : on peut alors dire que les cellules cancéreuses ont trouvé un moyen de participer au pacte.

Les inhibiteurs de PD-1 et de PD-L1 agissent en empêchant PD-1 et PDL-1 de se lier. Les cellules cancéreuses perdent alors leur capacité de tromper le système immunitaire.

Inhibiteurs de CTLA-4

Graphic of CTLA-4Graphique de CTLA-4Ces traitements IO comprennent des médicaments qui portent des noms tels que ipilimumab et tremelimumab et d'autres, qui sont en cours de développement.

Les anticorps tels que l’ipilimumab et le tremelimumab agissent en bloquant la protéine d’un point de contrôle nommé CTLA-4. CTLA-4 est un type de point de contrôle différent de PD-1 et PD-L1 et au lieu d’être situé sur les cellules tumorales il se trouve sur d'autres cellules immunitaires. CTLA-4 empêche le système immunitaire d’augmenter la production des cellules qui combattent les tumeurs (les cellules T « commandos »).

En bloquant CTLA-4 avec l'ipilimumab ou le tremelimumab, votre système immunitaire pourra éventuellement produire plus de ces cellules pour attaquer votre tumeur.

Combinaison de traitements

Les chercheurs ne savent pas encore s’il est préférable d’utiliser un seul inhibiteur de point de contrôle, une combinaison de ces inhibiteurs ou encore une combinaison d’un inhibiteur de point de contrôle et d’un autre médicament dans le traitement du cancer du rein. Des essais sont actuellement en cours pour répondre à ces questions importantes.

Quels sont les effets secondaires de la thérapie immunitaire ?

side effects of IOLa thérapie IO n'est pas comme les autres traitements contre le cancer. Ce n'est pas une chimiothérapie. Les effets secondaires de l'IO sont liés à la suractivité (l’accélération) du système immunitaire, plutôt qu’à sa suppression (son ralentissement), comme c’est le cas de la chimiothérapie. Les effets secondaires de la thérapie immunitaire dépendent du type de thérapie (inhibition de point de contrôle ou autre) et varient selon chaque patient.

Les effets secondaires sont très différents de ceux des autres traitements contre le cancer car la thérapie IO fonctionne de façon différente. Par conséquent, vous devez être vigilant et proactif car il se peut que certains professionnels de la santé que vous rencontrerez n’aient pas une grande expertise de ces médicaments. Les effets secondaires de la thérapie IO peuvent d’emblée être bénins pour ensuite s’aggraver rapidement. Même si vos effets secondaires sont légers, vous devez contacter votre médecin dès que possible. Pour plus d'informations sur les effets secondaires des traitements IO, consultez notre section « 10 faits » ici.

On ne peut affirmer que la thérapie IO modifie définitivement votre système immunitaire, mais on sait qu’elle continue d'influencer ce dernier même après l’arrêt du traitement. Dans certains cas, les personnes qui reçoivent une thérapie IO ne montrent aucune amélioration de leur cancer jusqu'à 6 mois après l’arrêt du traitement, de même que, certains patients peuvent développer des effets secondaires plusieurs mois après la prise de la thérapie.

Les effets secondaires de la thérapie IO évoluent au fil du temps et se manifestent parfois longtemps après le début du traitement, ou même des mois après la fin de ce dernier. Veillez à toujours rappeler à votre équipe de soins de santé que vous avez pris ou prenez ce traitement. Plusieurs patients ont une carte dans leur portefeuille qui indique le type de thérapie immunitaire qu'ils ont suivi.

Une thérapie immunitaire permet-elle une « guérison » du cancer ?

Non. Le mot « guérison » est souvent utilisé dans les médias, mais rarement par des experts de la maladie dans les centres de traitement du cancer. Il est encore trop tôt pour déterminer l'efficacité de ces traitements sur le cancer du rein et pour identifier les patients qui en bénéficieront le plus.

Cela dit, les thérapies IO constituent certainement l'une des plus grandes percées en matière de traitement du cancer qu’on ait vue depuis très longtemps.

Il n'est pas judicieux de parler de « guérison » à moins que le cancer d'un patient n’ait disparu complètement et n’ait pas récidivé pendant 5, 10 ou 15 ans. Ce n’est qu’en 2010 qu’on a fait la preuve de l’efficacité du premier anticorps inhibiteur de point de contrôle dans le mélanome Cependant, la survie à long terme de certains des tout premiers patients qui ont participé à des essais cliniques sur le mélanome est très encourageante. Plusieurs essais sont en cours avec différentes formes de thérapies IO.

La thérapie immunitaire fonctionnera-t-elle pour moi ?

Nous ne le savons pas.

Tous les patients espèrent que le traitement va fonctionner pour eux, mais à ce stade, il est impossible de prédire qui va tirer bénéfice ou non de la thérapie immunitaire. Malheureusement, il est aussi impossible de prédire les résultats des traitements standard du cancer du rein tels que les médicaments inhibiteurs de la croissance des vaisseaux sanguins (par exemple, le sunitinib et le pazopanib).

De nombreux chercheurs travaillent à découvrir des outils qui permettraient de prédire les résultats de thérapies IO, qu’il s’agisse d’une caractéristique du cancer lui-même ou d’un patient donné. Nous pourrions alors identifier les patients qui ne devraient pas suivre de thérapie IO mais aussi, ce qui est plus important, cela nous aiderait à découvrir les moyens d'étendre le bénéfice de ces traitements à un plus grand nombre de patients.

 

Comment saurai-je si la thérapie IO a fonctionné ?

Plusieurs questions demeurent sans réponse en ce qui concerne la thérapie IO. Qui devrait suivre cette thérapie ? Qui ne devrait pas la suivre ? Un patient a-t-il besoin d'un anticorps inhibiteur de point de contrôle unique ou une combinaison d’inhibiteurs serait-elle plus efficace ? Si le traitement fonctionne, pendant combien de temps serait-il nécessaire de le suivre ? Un traitement de 12 semaines est-il suffisant ou devrait-il s’étendre sur un an, ou deux ans ? Pendant combien de temps faut-il prendre le traitement avant de pouvoir déterminer qu'il n'a pas été efficace ?

Conclure qu’une thérapie IO a aidé un patient individuel est difficile. Dans la mesure où le traitement n'attaque pas directement le cancer et où il faut attendre que le système immunitaire commence à agir, plusieurs personnes pour lesquelles le traitement s'avère bénéfique ont une réponse tardive. Il est possible qu'il soit nécessaire de prendre plusieurs doses du traitement avant de voir une amélioration. Certaines personnes voient même leur cancer s'aggraver considérablement avant de s'améliorer plus tard. Jusqu'à 20 % des personnes prenant de l'ipilimumab pour un mélanome, et jusqu'à 5 % des personnes prenant des anticorps anti-PD-1 tels que le pembrolizumab ou le nivolumab pour plusieurs autres formes de cancer, ont fait l'expérience de cette « pseudo-progression ».

Si la thérapie IO s'avère bénéfique, elle l'est parfois de façon significative, faisant disparaître toutes les taches cancéreuses dans le corps, de telle façon que les examens d’imagerie ne décèlent plus aucune trace de présence du cancer. Cela se produit rarement et on parle alors de réponse complète. Il y a réponse partielle lorsque les taches cancéreuses sont encore visibles lors de l’examen d’imagerie, mais elles ont toutes diminué. On considère souvent cela comme un très bon résultat, car les taches présentes lors d’un examen d’imagerie pourraient n'être que du tissu cicatriciel. Finalement, un troisième résultat possible de thérapie IO est également associé à des bénéfices pour le patient et à une amélioration de la survie : il s'agit de la stabilisation de la maladie. Comme on pourrait s'y attendre, le terme « stabilisation de la maladie » signifie très exactement cela : il n'y a pas apparition de nouvelles taches de cancer, et, chez celles qui étaient présentes, on ne constate ni diminution mais surtout aucune augmentation. La raison pour laquelle ce résultat est considéré comme bénéfique, plus particulièrement dans le cadre d’une thérapie de type IO, est que cette stabilité perdure souvent sur une période prolongée, ce qui correspond à une extension importante de la survie du patient, et ce, même si les examens d’imagerie montrent toujours la présence du cancer.

Votre médecin vous prescrira des examens d’imagerie avant de commencer le traitement, mais il attendra souvent 2, voire même, 3 mois avant de vous faire passer une autre série d’examens. En effet, il est inutile de faire ce type d’examens trop tôt, puisque les bénéfices d'une thérapie IO sont souvent tardifs. Même si le cancer semble empirer, votre médecin pourrait recommander la poursuite du traitement pendant encore 1 à 2 doses, pour ensuite refaire des examens d’imagerie, histoire de vérifier s’il s’agissait d’une pseudo-progression ou non.

Où puis-je obtenir un traitement immuno-oncologique pour un cancer du rein ?

advice doctorLe temps qui s’est écoulé entre le développement des anticorps inhibiteurs de point de contrôle pour le traitement de différents types de cancer et leur mise à la disposition des patients, compte parmi les records de l’histoire de la médecine. On a assisté à un tourbillon d'activités, et de nouveaux résultats continuent d’être publiés chaque mois.

Avant toute chose, les patients doivent demander conseil à un expert dans le domaine du cancer du rein afin de s’assurer qu’un traitement immuno-oncologique est approprié dans leur cas.

Les spécialistes du cancer du rein sont les mieux placés pour vous conseiller sur les différents moyens d’avoir accès aux thérapies immuno-oncologiques pour le cancer du rein. Selon le pays où vous habitez, ces moyens sont parmi les suivants.

1. Participer à un essai clinique

Différents types de traitement IO pour le cancer du rein sont présentement à l'étude dans le cadre d’essais cliniques. Ce site Web maintient à jour une liste des essais cliniques IO en cours pour les personnes atteintes d'un cancer du rein. Les essais mentionnés sont ceux qui se déroulent dans plus d'un hôpital ou qui recrutent un nombre important de patients, bien que des essais de plus petite envergure peuvent également être disponibles dans votre hôpital. Certains essais sont en phases finales de recherche (phases 3). Si ces essais sont concluants, les premiers médicaments pourraient être approuvés pour utilisation.

Toutefois, selon votre pays, les essais cliniques et les processus d'approbation peuvent prendre un certain temps, et il peut donc se passer plusieurs années avant qu'un type de thérapie IO en particulier devienne largement disponible. Entre-temps, on s’attend à ce que de nouveaux essais cliniques répondent à d'importantes questions spécifiques au cancer du rein.

Pour obtenir de plus amples informations sur les essais cliniques disponibles pour le cancer du rein, veuillez cliquer ici : Trouver des essais cliniques IO pour le cancer du rein.

2. Rechercher des programmes à usage compassionnel

Certains anticorps inhibiteurs de point de contrôle peuvent être disponibles pour des motifs compassionnels. Quelques entreprises ont mis sur pied des programmes à usage compassionnel (ou programmes d’autorisation temporaire d'utilisation) par lesquels les médecins peuvent demander un accès précoce aux médicaments. Ce type de programmes est complexe, varie selon les pays, est sujet à des changements à court terme et implique toute une paperasserie administrative. Il est possible que l'association de patients du cancer du rein dans votre pays soit au courant des différents programmes à usage compassionnel disponibles. Pour une liste des associations de patients, veuillez cliquer ici : Associations de patients (en anglais)

3. Y avoir accès par le biais d'assurances privées ou de fonds personnels

Le prix de ces nouveaux médicaments est très élevé. Les coûts estimés pourraient aller jusqu'à 150 000 $ US pour un an. Les compagnies d'assurance pourraient ou non couvrir les frais de ces médicaments. Selon la réglementation de votre pays, vous pourriez ou non être autorisé(e) à payer personnellement le médicament et vous le faire administrer. Assurez-vous de parler à votre médecin avant de payer vous-même un médicament, car il se pourrait qu’il y ait des essais cliniques ou des programmes à usage compassionnel dont vous pourriez bénéficier.